Vestiges archéologiques sur le site du Grand Moulin

Gennes

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Mardi, la presse avait été conviée sur le site du projet du Grand Moulin à Gennes afin de faire le point sur les travaux et particulièrement sur les fouilles archéologiques. En présence du directeur régional de l'INRAP, du maire de la commune, des représentants d'Alter et du responsable des fouilles, la presse a pu découvrir les résultats des fouilles engagées le 16 septembre dernier.

Engagée, il y a bientôt 10 ans, l'opération de restructuration du site du Grand Moulin connait aujourd'hui une nouvelle. En effet, après une phase d’études, les premiers travaux ont été engagés. Ainsi, des travaux de démolition du Moulin, ses dépendances ainsi que la dépendance de la propriété bâtie ont été réalisés. Ils ont été complétés par la démolition de la maison à l’angle de la rue du Grand Moulin et de la rue de la Poste.

Suite à la réalisation d’un diagnostic archéologique sur la propriété de l’ancien moulin, des fouilles archéologiques ont également été prescrites.

Depuis le 16 septembre, une équipe de l’Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives) fouille, à l’angle de la rue de la Poste et de la rue du Grand Moulin à Gennes – Val de Loire, les vestiges d’une tannerie en usage depuis au moins le XVIème siècle et jusqu’au XVIIIème siècle. Prescrite par l’Etat (DRAC Pays de la Loire, service régional de l’Archéologie) suite à un diagnostic réalisé en 2016, cette fouille s’inscrit dans le cadre d’un projet d’aménagement mené par l’entreprise publique locale Alter Public, pour le compte de la collectivité. L’étude des traces matérielles complètera les connaissances de ce site mentionné dans les textes anciens. Plus largement, les résultats de la fouille enrichiront les connaissances sur cette activité autrefois très répandue dans le bassin de la Loire.

Deux tanneries

Les archéologues ont révélé les fondations de deux grands bâtiments associés à des cuves. Au total, réparties autant à l’extérieur qu’à l’intérieur des tanneries, douze cuves ont été mises au jour, avec dans certaines des niveaux de chaux dans leur comblement. Le traitement des peaux se faisait généralement à base de chaux, d’orge, d’eau et de tan pour les débarrasser des corps étrangers. Des vestiges d’aménagements hydrauliques à proximité renseignent sur la gestion et l’apport d’eau, nécessaire en quantités importantes. Les restes d’un vase de stockage pris dans une maçonnerie montrent que les produits de l’activité étaient également stockés sur place. Enfin, les deux tanneries étaient situées à proximité de deux moulins et un lavoir, connus par les sources historiques mais situés en dehors de la zone de fouilles.

De nombreuses données

A la mi-novembre, les archéologues quitteront le chantier de fouilles et poursuivront, en centre de recherches, l’étude des nombreux indices prélevés. Les outils découverts (notamment des grattoirs en pierre et une truelle) seront étudiés ainsi que les nombreux restes osseux d’animaux qui renseigneront à la fois sur l’élevage aux alentours mais aussi les circuits d’approvisionnement. Des analyses seront menées sur les prélèvements des pollens, parasites et même phosphates permis par la fouille.

Ces études, rares pour ce type de site, seront consignées dans un rapport final d’opération. Cette fouille offre l’opportunité de mieux appréhender cet artisanat et son mode opératoire complexe. Plus largement, elle permettra aussi de répondre à certaines questions, telles que la cohabitation avec les autres activités artisanales dont le moulin et l’abattoir et l’implantation de l’habitat autour de cette activité générant de nombreuses contraintes.

Une fois ces travaux réalisés, le site va être recouvert afin d'être aménagé. Ces travaux d'aménagement se dérouleront à partir de cet automne. Viendront ensuite les travaux de construction du projet de logements, maison médicale et commerces dont nous reparlerons dans les prochaines semaines.