Bull inaugure son nouveau bâtiment de production à Angers
Restructuration complète d'un site industriel pour accueillir la nouvelle usine de Bull.
Ce vendredi 2 octobre 2026, devant plus d’une centaine de personnes, élus, clients, salariés, Bull a inauguré son nouveau bâtiment de production à Angers, marquant une première étape dans la transformation de son site industriel historique.
Avec un investissement global de 80 millions d’euros, l’entreprise renforce considérablement ses capacités de production et confirme le rôle stratégique d’Angers dans l’écosystème européen du calcul haute performance et de l’intelligence artificielle.
Cette inauguration intervient dans un contexte d’explosion des besoins en infrastructures de calcul liés au développement de l’intelligence artificielle. Désormais détenu par l’État français, Bull entend faire de son site angevin un outil industriel de référence au service de la souveraineté numérique française et européenne.
Un site industriel qui change d’échelle
Le nouveau bâtiment porte la surface totale du site à près de 20 000 m², dont 10 700 m² dédiés à la production. Cette transformation doit permettre à Bull de doubler sa capacité de production, tout en améliorant sa productivité de 30 %.
L’enjeu est notamment de pouvoir répondre aux nouveaux contrats européens dans le domaine du calcul haute performance et de l’IA. Le site angevin participera ainsi à la fabrication de plusieurs infrastructures majeures, parmi lesquelles Alice Recoque, futur supercalculateur exascale français, et LUMI-A*, destiné à la Finlande.
La nouvelle usine a été construite tout en maintenant l’activité industrielle du site. Bull a ainsi pu poursuivre sa production pendant les différentes phases de reconstruction.
Une usine au cœur de la souveraineté numérique européenne
Au-delà de l’augmentation des capacités, cette inauguration illustre les ambitions européennes de Bull dans un secteur stratégique. Comme l'a rappelé Emmaneul Le Roux, chief executive officer chez bull, l’usine d’Angers est aujourd’hui le seul site industriel européen capable d’assembler à grande échelle des supercalculateurs. Elle concentre des compétences de conception, d’intégration, d’assemblage, de test et de validation de systèmes de calcul parmi les plus puissants au monde. Elle est le symbole de la France de l'Europe dans sa recherche de souverainneté industrielle.
Cette capacité industrielle prend une dimension particulière alors que l’Europe cherche à renforcer son autonomie technologique face aux États-Unis et à la Chine.
Un projet majeur pour la France et pour Angers
Olivier Sichel, président de la Banque des territoires a rappelé les relations extrèmement forte de l'entreprise avec la ville d'Angers. Les 60 ans de votre présence, votre souhait de rester sur ce site, alors qu'Hambourg vous tendait les bras, tout ça a compté quand nous avons été appelé par la ville d'Angers et par Alter son aménageur au moment de financer votre projet. Nous ne devons pas cacher aujourd'hui qu'exposer l'outil d'aménagement dans de tel proportions était un risque, mais en réunissant tous les partenaires en s'accordant sur les bien fondé de ce projet, nous avons fait le choix de le lancer et bien nous en a pris.
Aujourd'hui votre usine est le reflet de la sobriété foncière, de la sobriété écologique que nous recherchons partout.
Une usine pensée pour l’IA et les technologies de demain
Le nouveau bâtiment a été en effet conçu selon les principes de l’industrie 5.0, avec des espaces pouvant être réorganisés en fonction des futures générations de machines, davantage d’automatisation et le recours à des robots collaboratifs. L’usine intègre également des dispositifs importants en matière de performance environnementale : 3 500 panneaux photovoltaïques qui seront apposés prochainement, une alimentation électrique issue d’énergies renouvelables et un système de récupération de la chaleur produite lors du fonctionnement des équipements.
À terme, Bull prévoit de valoriser environ 5 GWh de chaleur par an afin de contribuer au réseau de chaleur urbain, soit l’équivalent du chauffage de plusieurs centaines de logements.
Pour Alexis Zadjenweber, commissaire for state holdings french government et représentant de l'état, ce nouveau bâtiment est un triple rendez-vous. C'est une rendez-vous avec l'histoire, le pays, et l'économie.Bull justifie notre choix de souverainneté française avec cet investissement. Elle a les compétences pleine pour bâtir un champion mondial.
Lancement d’« Open Factory »
L’inauguration a également été l’occasion pour Bull de lancer son programme « Open Factory ».
L’objectif : mettre une partie de ses capacités industrielles au service d’entreprises développant des technologies stratégiques dans les domaines de l’IA, du calcul avancé et du quantique, afin de faciliter leur passage de la R&D à la production industrielle en Europe.
Un premier partenariat avec Foxconn doit notamment permettre de concevoir et fabriquer en Europe des serveurs d’intelligence artificielle reposant sur la plateforme NVIDIA Vera Rubin NVL72.
Angers, un site industriel stratégique pour les années à venir
Avec cette nouvelle infrastructure, Bull confirme donc son ancrage industriel angevin et donne une nouvelle dimension à un site historique, implanté à Angers depuis les années 1960.
L’investissement de 80 millions d’euros, le doublement des capacités de production, les futurs supercalculateurs européens et le développement de nouvelles infrastructures d’IA positionnent désormais Angers au cœur des enjeux de réindustrialisation, d’innovation et de souveraineté numérique. Pour Christophe Béchu, le choix d'aider Bull a investir dans ses locaux s'est avéré le bon. Nous n'avons pas eu peur car nous avons eu confiance en vous et dans l'avenir. En forme de boutade, il a rajouté, Maintenant, si vous pouviez inscrire Made in Angers sur vos supercalculateurs, ce serait une façon de remercier la ville et de la porter plus loin.
La transformation complète du site doit se poursuivre jusqu’en 2028, avec notamment de nouvelles surfaces logistiques, des laboratoires et des espaces de bureaux.